SIGMARINGEN, L’ULTIME TRAHISON

En 1986, Rachel Kahn  devient indépendante  et crée « Tara Productions », en compagnie de Takis Candilis. La société va vite devenir incontournable dans le PAF, en travaillant notamment avec France Télévisions ou La sept (ex ARTE). Le catalogue réunit différents types de programmes, allant de la fiction au magazine culturel, en passant par les documentaires sociétaux ou historiques. On retrouve la signature de Rachel Kahn sur plusieurs films « Tara » : « l’école en marge » nous raconte la création d’un lycée auto-géré en Seine St-Denis ; « Requiem pour de Laurence » évoque l’une des plus sombres affaires de maltraitance des années 1990 ; « Les amants de la rue » suit l’histoire d’amour d’un couple de SDF ou encore « Sigmaringen, l’ultime trahison ».

C’est à Sigmaringen, village du Bade-Wurtemberg choisi par le Führer lui-même, que s’est joué le crépuscule des dieux de la collaboration française. Cette bourgade, éphémère territoire français, devient le refuge des Pétain, Laval, Déat, Darnand ou Céline dès 1944.

Rachel Kahn et Laurent Perrin ont posé leur caméra dans ce patelin perché sur un piton, et, bien sûr, dans «le château de la trahison», comme l’a appelé la presse de la Résistance. Ils ont déniché des interviews radio, des journaux publiés à l’époque par les collaborateurs installés à Sigmaringen et des archives filmées. Enfin, le film donne la parole à ceux qui ont vécu cette sombre parenthèse, à l’image du fils  Darnand,  qui raconte le regard de Céline ou les errances de son père. De façon inédite, « Sigmaringen » nous immerge dans cet obscur épisode, parvenant à restituer l’atmosphère décadente de cette tragi-comédie.